logo avsf frSur invitation d'AVSF bretagne, René Billaz , ex-directeur de recherche au CIRAD et ancien président d'AVSF (Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières) donnera une conférence sur le thème "Faire du Sahel un pays de Cocagne. Le défi agro-écologique" à partir de son dernier ouvrage paru aux éditions l'Harmattan. Agronome diplômé en 1954, instruit à l’ époque selon les préceptes de la « révolution verte », s’est convaincu il y a une trentaine d’années des mérites de l’agro-écologie. Proche des ONG de développement comme des institutions de recherche agronomique, il a vécu en France, en Afrique et en Amérique latine la transition entre les deux doctrines, et a maintenant l’opportunité de mettre en application ces nouveaux préceptes dans le contexte du Sahel ouest-africain.René BILLAZ, La conférence aura lieu le 17 novembre prochain à l'Espace Ouest France, rue du Pré Botté, Rennes, à 18h

 

4ème de couverture de l'ouvrage sur lequel se basera la conférence

L’agronomie moderne est sollicitée pour répondre à deux questions majeures : « produire sans dégrader » et « développer sans exclure », auxquelles sa forme conventionnelle (la « révolution verte ») n’a pas de réponse, particulièrement au Sahel. L’agro-écologie prétend en être l’alternative ; elle affiche en effet des résultats crédibles pour la suppression du labour, la disponibilité de bio-nutriments et de biopesticides,
la lutte biologique contre certains ravageurs, et prouve les avantages de la biodiversité variétale. On lui reconnaît également des mérites pour la qualité de l’alimentation. L’auteur soutient qu’elle pourrait y parvenir au Sahel, malgré les contraintes physiques que l’on sait (climat tropical subaride, sols pauvres) et sa croissance démographique sans précédent historique (la population multipliée par dix en un siècle, de 1950 à 2050). C’est le défi que sont prêts à relever de nombreux paysans et les agronomes qui travaillent auprès d’eux. C’est l’objet de la première partie de l’ouvrage. Mais l’agroécologie n’a émergé que dans les années 80 : l’expérience personnelle de l’auteur illustre les inerties intellectuelles et professionnelles à l’origine de ces lenteurs, ainsi que du besoin de concevoir des modèles institutionnels originaux pour l’innovation agricole, particulièrement dans le contexte des paysanneries déshéritées. C’est l’objet de la seconde partie.