100 6504 376x282Neuf organisations de la société civile (syndicats et organisations de solidarité internationale), dont Coordination SUD, adressent une lettre ouverte à Matthias Fekl, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur.
Elles y dénoncent un chantage de l’Union européenne pour contraindre les pays africains de l’Afrique de l’Ouest à ratifier ou mettre en œuvre immédiatement l’accord de partenariat économique (APE), en dépit des critiques.

Depuis les années 2000, l’Union européenne négocie un accord de partenariat économique (APE) avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) regroupés régionalement, en substitution
des anciens accords de Lomé et de Cotonou, devenus obsolètes aux yeux de l’OMC. Ces Accords se traduiraient par l’ouverture des marchés des pays du Sud à la plupart des produits en provenance de l’Union européenne. Les APE sont une source d’inquiétude pour la plupart des acteurs de la société civile et certains États.

En Afrique de l’Ouest, organisations paysannes, syndicats, ONG, ainsi qu’une partie importante du secteur privés’opposent à l’APE. En effet, celui-ci mettrait en concurrence les économies européennes et ouest-africaines, c’est-à-dire la zone la plus riche avec une des régions les plus pauvres du monde. En raison des fortes réticences exprimées depuis de nombreuses années, tant par les sociétés civiles que par les États, certains APE régionaux (avec l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique Australe et l’Afrique de l’Est) n’ont toujours pas été signés.

Un document confidentiel émanant de la Commission européenne révèle que celle-ci a organisé une « réunion d’experts » des États membres pour discuter de documents (« actes délégués ») déjà rédigés qui prévoient dès le 1er octobre 2016 le retrait – arbitraire – des préférences d’accès au marché européen pour les pays africains ne faisant pas partie des pays les moins avancés (PMA). Cette mesure conduira à frapper les exportations des pays de droits de douane (augmentés), si les APE paraphés en juillet 2014 ne sont pas ratifiés.

Les organisations signataires demandent que :

  • le Parlement et le Conseil européen rejettent l’adoption de ces Actes délégués qui sont des moyens illégitimes de pression politique contradictoires avec les valeurs de l’Union européenne et écoutent les nombreuses voix qui s’élèvent contre l’APE et de ne pas approuver ces accords ;
  • En outre que la France, qui a fait de la cohérence des politiques – notamment commerciale – avec le développement, un axe majeur de sa politique de développement et de solidarité internationale, rejette cette mesure. Lire la suite

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