forum bresilUne centaine de personnes était présent à Volta Redonda (Brésil) fin novembre début décembre , dont 11 français et 2 burkinabés dans l'objectif de mettre en évidence l’intérêt des systèmes alimentaires pour la protection des biens communs, au Brésil, au Burkina Faso et en France, et diffuser des bonnes pratiques. Un projet porté par Terralim et Amar auquel une cinquantaine de personens restaient présentes à  l'heure du vote des motions: une Déclaration commune a ainsi été votée et ci-dessous une motion de soutien au mouvement social brésilien. Un recueil « 100 initiatives locales d’alimentation responsable et durable au Brésil » sera produit

Motion de Soutien

 

Considérant la terre comme un bien commun,

Considérant que la terre, l'eau, les semences ne sont pas des marchandises,

Considérant que le mouvement citoyen du Brésil accomplit une lutte noble pour la préservation de la biodiversité et du bonheur de l'humanité,

Considérant les velléités de répression annoncées contre les membres de ce mouvement,

Nous, à l'occasion de notre participation au forum Alimentation, Eau et Biens Communs qui s'est déroulé à Volta Redonda, Etat de Rio, Brésil,

Apportons notre soutien au mouvement citoyen brésilien,

Mettons en garde en condamnant par avance toutes violations des droits humains à l'encontre de celle-ci

Interpellons l'opinion nationale Brésilienne et l'opinion internationale à veiller au respect strict des droits citoyens ratifiés par le Brésil

 

Fait à Volta Redonda le 30 novembre 2018

Les résistantes et les résistants

 

 

Contexte du projet

Depuis 2008 sont organisées tous les 2 ans en Bretagne les « assises de la vente directe », organisées par les CIVAM de Bretagne. Elles ont successivement eu lieu à Saint Brieuc, Rennes, Pontivy, Morlaix, et Rennes. Les 3 dernières éditions ont été réalisées en collaboration avec des établissements de l'enseignement agricole, lycées agricoles ou Agrocampus. La prochaine édition prendra le titre « assises de la transition alimentaire locale » et aura lieu le 13 novembre à Bréal sous Montfort, en collaboration avec le pays de Brocéliande. Des contributeurs brésiliens ont participé à ces assises lors des dernières éditions. Leur profil était divers : agriculteurs, militants des droits sociaux, élus, représentants d’ONG.
Au mois de mai 2016 s’est tenu le premier « forum franco brésilien des circuits courts », sous-titré « agriculteurs et consommateurs unis pour un commerce équitable et solidaire ». Il s’est tenu dans la ville de Pinheiral, dans l’état de Rio de Janeiro, en collaboration avec la municipalité et l’établissement d’enseignement agricole local. Cet événement a été soutenu par la Région Bretagne et l’Ambassade de France au Brésil. Il a été organisé par Terralim, en coopération avec les CIVAM de Bretagne.

A la fin de ce forum, une déclaration commune, élaborée et votée par les participants, soulignait l’intérêt d’appliquer une approche par les systèmes alimentaires territorialisés, dans une acception identique à celle adoptée par les Régions de France à Rennes le 4 juillet 2014. Elle mettait par ailleurs en évidence l’ambition de transition alimentaire, aujourd’hui diffusée, mais confidentielle
ou confinée aux réseaux de la recherche à l’époque.
Le Brésil est considéré internationalement comme un « modèle » pour les politiques publiques en faveur de l'alimentation de proximité. Celles-ci reposent sur 2 instruments : le Programme Nationale d'Alimentation Scolaire (PNAE) et la Programme d'Acquisition d'Aliments (PAA). Ceux-ci non seulement autorisent les collectivités à privilégier l'achat de produits agro-écologiques de proximité, mais ils les y obligent
(avec des taux de respectivement 30% et 100 %). Il repose sur des conseils alimentaires à tous les échelons de gouvernance et à une intervention forte de l'Etat pour solvabiliser l’achat de proximité. Le Brésil a proposé à l'Union Africaine un travail sur l'alimentation de qualité et de proximité dans les écoles en s'inspirant de son PNAE. Malgré le "coup d'état légal" de 2016 au Brésil, des échanges Brésil - pays
africains perdurent (exemple ).

Les partenaires brésiliens organisateurs du premier forum occupent aujourd'hui des postes de responsabilité.
Le maire de Pinheiral, commune accueillante, préside aujourd'hui l'équivalent de l'agence de l'eau de la rivière Paraïba et la fédération qui regroupe les agences locales de l'état de Rio de Janeiro, responsable de l’approvisionnement de presque 17 millions d'habitants.
La Région Bretagne entretient des liens de coopération décentralisée avec la Région Centre du Burkina Faso. Cette coopération s'exprime notamment par un programme de développement économique fondé sur le développement du maraîchage en agriculture biologique dans un cadre coopératif. Cette coopération a été formalisée par un protocole d'accord signé le 14 avril 2015. La dimension commerciale vers les
consommateurs et leurs réseaux mérite d'être renforcée.
L'association Résolis entretient une base de données sur les Initiatives d'Alimentation Responsable et Durable (IARD) dans le monde, accessible. Plusieurs ouvrages présentant une sélection de ces initiatives sur une base nationale ont été publiés, qui donnent à voir à la fois le dynamisme de la société civile et les mesures de politiques publiques prises en appui. Il a été publié pour la France, sera prêt à l'automne
pour le Brésil alors qu'il avait été lancé lors du forum de 2016, et quelques initiatives ont déjà été repérées au Burkina Faso. La méthodologie de collecte et d'interprétation est maîtrisée.
Terralim et la FRCIVAM sont partenaires dans un projet financé par la fondation Carasso, ATLASS comme « action territoriale pour l’alimentation solidaire et soutenable ». Ce projet débouche sur des préconisations pour élaborer des stratégies alimentaires territoriales
aussi des actions de diffusion à l’international et le Brésil était cité. Des fonds de cofinancement seront
donc mobilisés dans ce cadre.