Ils ont regardé sa carte d’Identité et l’ont abattu

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Les violences survenues suite à l’élection présidentielle contestée de novembre 2010 ont
entraîné la plus grave crise humanitaire et de droits humains qu’ait connu la Côte d’Ivoire
depuis la partition de facto du pays en septembre 2002. Des centaines de personnes ont été
tuées illégalement, souvent uniquement sur la base de critères ethniques ou d’affiliations
politiques présumées. Des femmes et des adolescentes ont été victimes de violences
sexuelles, y compris de viols, et des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de
fuir leur domicile pour trouver refuge dans d’autres régions de la Côte d’Ivoire ou dans les
pays voisins, notamment au Libéria.
Les violations et atteintes aux droits humains se sont poursuivies après l’arrestation de
l’ancien président Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011. À Abidjan, une véritable chasse à
l’homme a été lancée contre des partisans avérés ou supposés de l’ancien président et
plusieurs haut responsables très proches de l’ancien président ont été frappés et maltraités
dans les heures qui ont suivi leur arrestation. Dans l’ouest du pays, des milliers de personnes
ont fui leurs maisons et, au moment où le présent document est finalisé (à savoir le 17 mai
2011), beaucoup continuaient de vivre dans la brousse par crainte de rentrer chez elles. Ces
populations, qui appartiennent à des groupes ethniques considérés comme favorables à
Laurent Gbagbo, sont laissées à elles-mêmes et ne bénéficient que de peu voire d’aucune
protection ni de la part des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), créées le 8 mars
2011, par le président Alassane Ouattara, ni de la part des forces de maintien de la paix de
l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Dans certains cas, les populations
qui ont tenté de rentrer chez elles ont été victimes de violences et ont parfois constaté que
leurs maisons étaient occupées par d’autres.
Les nouveaux dirigeants du pays, notamment le président Alassane Ouattara et son Premier
ministre Guillaume Soro, font face à trois impératifs : mettre immédiatement fin aux
violations et atteintes aux droits humains commises actuellement à l’encontre de partisans
supposés ou avérés de Laurent Gbgabo ; rétablir l’état de droit et ordonner aux forces de
sécurité de protéger toutes les populations, quelles que soient leur affiliation politique ou
appartenance ethnique, et notamment les populations déplacées et réfugiées afin que cellesci
puissent rentrer chez elles et récupérer leurs biens et leurs terres ; et enquêter de manière
impartiale sur les violences commises par toutes les parties au conflit depuis décembre
2010.

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