La Solidarité internationale et la solidarité locale
En 1956, Raymond Cartier, journaliste à Paris-Match, lance son fameux “la Corrèze avant le Zambèze”. Aujourd'hui cette phrase est parfois citée invoquant une préférence nationale pour ce qui est de la solidarité.
C'est méconnaître le terme de solidarité que de lui imposer des frontières. C'est mal connaître les acteurs de la solidarité internationale que de cantonner leurs actions « ailleurs ».
Le fait même que les associations de solidarité internationale soient financées par des collectivités territoriales, avec compétences locales bien identifiées montre que les ASI ont une action locale.
Nés au sortie de la seconde guerre mondiale, les premiers jumelages, ancêtres des projets de coopération internationale avait un objectif affiché: permettre et multiplier les échanges entre les peuples afin de limiter les risques de guerre. Promotion de la paix et compréhension entre les peuples et communautés sont toujours des buts sous sous-jacents aux projets de solidarité internationale.
Les projets de solidarité internationale sont des vecteurs qui permettent une valorisation des expertises des migrants, passeurs de cultures, présents ici sur notre territoire. Les associations de solidarité internationale de plus en plus font appel aux personnes ressources présentes en Bretagne originaires du territoire où le projet est mené. Autre regard, meilleure inter connaissance contribuent à créer du lien social.
Enfin très clairement, pour la majorité des associations de solidarité internationale leur mission est double: venir en appui aux communautés locales dans leurs désirs de développement et restituer ici le résultats de leurs actons, faire venir leurs partenaires, impliquer les structures éducatives de leur territoire, organiser des festivals... Les associations de solidarité internationale comme les associations de solidarité locale font vivre leur territoire.
Depuis 2008, deux tendances contradictoires sont observées dans nos sociétés: d'un côté repli sur soi, communautarisme, racisme et de l'autre, développement des alternatives, adaptation ici d'initiatives prises au Sud: zone de maraîchage péri urbaine (Argentine), les crèches parentales (Amérique Latine), le micro crédit (Bengladesh). On voit bien que pour répondre aux nouveaux défis sociaux, culturels économiques et environnementaux qui s'imposent à nous, nous ne serons pas trop de tous pour imaginer de nouvelles voix et les traduire dans nos politiques de développement locales.
De 1995 à 2007 la CASI-Bretagne et ATD Quart Monde ont partagé un siège au CESR au titre des associations bretonnes de solidarité (locales et internationales) qui se retrouvent par ailleurs entre elles au sein d'un groupe d'appui sur les questions de solidarité.
S'ouvrir à l'international dans sa dimension solidaire c'est aussi s'enrichir en tant que citoyen, être curieux de ce qui est « autre » ; mieux connaître les enjeux Nord Sud, c'est mieux connaître les règles économiques et financières de notre monde; acheter ici des produits équitables c'est promouvoir le « mieux » plutôt que « le plus ». La solidarité n'a pas de frontière, c'est une valeur citoyenne qui n'a pas besoin de papiers.
Solidarité locale et solidarité internationale, une même valeur pour aborder les mêmes questions de regard sur l’autre, d’inégalités et de systèmes à réformer. C’est aussi une nécessité pour construire un monde plus juste ! Changer le monde, c’est possible ! Tous les jours près de chez soi !


