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La nécessité
d'une coopération internationale pour le développement
s'est imposée aux Français dans les années 60.
Les pays du Tiers Monde (terme forgé par Alfred Sauvy dans les
années 50) nouvellement indépendants mesuraient leur
difficulté à combler ce qui était présenté
à l'époque comme un retard temporaire. La guerre et la
famine du Biafra, relayées par une télévision
qui s'imposait dans les foyers, rendirent palpables les horreurs
engendrées par la pauvreté et les inégalités
planétaires. Ceux qu'on appelle encore aujourd'hui les "french
doctors" s'engageaient dans une réponse à
l'urgence. Constatant les limites des répliques ponctuelles,
d'autres fondaient des associations visant le développement à
plus long terme. Elles se retrouvent aujourd'hui sous le terme
"Solidarité internationale".
Dès
1984, avec la réforme de la décentralisation et la
création des conseils régionaux, plusieurs associations
de solidarité internationale bretonnes ont décidé
de se constituer en coordination qui deviendrait l'interlocuteur des
instances régionales en matière associative. C'était
la première coordination régionale de ce type en
France. Elle souhaitait en particulier intervenir dans la réflexion
sur l'utilisation des fonds régionaux (1 pour mille du budget
global) affectés à la coopération internationale
créés à cette époque.
La
Coordination des Associations de Solidarité Internationale a
succédé à cette organisation informelle. La CASI
est une organisation inter associative créée en 1996 et
soutenue par les réseaux nationaux (Terre des hommes, Frères
des Hommes, Peuples Solidaires, CCFD, RITIMO) et qui s'est
progressivement élargies à des associations
d'implantation locale.
La
Bretagne compte plusieurs centaines d'associations de solidarité
internationale (ASI) ou d'action caritative. Très diverses
dans leur taille, leur fonctionnement et leurs objectifs, elles
forment un réseau social dense qui irrigue tout le territoire
et distingue la Bretagne des autres régions. Mais, chemin
faisant, d'autres acteurs sont apparus. Les collectivités
territoriales qui accompagnaient depuis longtemps les associations
sur le plan financier, ont acquis depuis 1992 la capacité
juridique à mener des programmes de "coopération
décentralisée".En moins de 10 ans, un mouvement de
fond a amené beaucoup d'entre elles à compléter
ou recycler les relations de jumelages qu'elles entretenaient en une
véritable collaboration pour le développement
économique et social. A l'échelle régionale,
départementale ou locale, la carte de Bretagne comme la carte
du monde sont aujourd'hui tissées de liens de coopération
entre collectivités.
De
son côté, le secteur de la formation a lui aussi intégré
l'ouverture internationale comme activité éducative.
Les écoles, collèges, lycées et universités
bretons sont particulièrement actifs non seulement dans la
mobilité européenne mais aussi dans les échanges
avec les pays du Sud. Stages et voyages d'études à
l'étranger sont aujourd'hui courants, en Bretagne plus
qu'ailleurs.Enfin, certains dirigeants d'entreprises ou comités
d'entreprise ont intégré dans leur activité les
questions de mondialisation sous une forme originale.Il dépasse
le traditionnel parrainage financier d'actions menées par
d'autres pour investir leur capacité économique ou
technique dans des programmes de développement. A des
acteurs plus divers correspondent aujourd'hui des pratiques
diversifiées. les micro-projets restent d'actualité,
sous forme des traditionnelles constructions de puits, de dipsensaire
ou d'école. Mais la formation et l'appui à
l'organisation de la société civile et de la
représentation démocratique figurent désormais
au rang des priorités.Beaucoup d'acteurs ont pris conscience
des implications chez nous d'une démarche de solidarité
internationale. L'éducation au développement et la
meilleure connaissance des cultures, préparées par
exemple par des chantiers de jeunes ou des voyages, sont perçus
à la fois comme un complément mais aussi une clé
du succès pour une coopération équilibrée.
En
2005 se sont tenues en Bretagne les 2émes Assises régionales de la
Coopération Internationale (les premières ont été
organisées en 1997 par la CASI Bretagne) organisées sur
l'initiative de la Région mais avec l'implication de toutes
les familles d'acteurs dont la CASI Bretagne.
Ce
comité de pilotage a perduré au delà des Assises
et s'est progressivement transformé en ABCIS (Acteurs Bretons
de la Coopération Internationale et de la Solidarité),
plate forme régionale informelle de la Coopération
Internationale en Bretagne dans laquelle on retrouve l'ensemble des
acteurs sus mentionnés ainsi que les entreprises, les migrants, le CESR, l'enseignement supérieur, l'Etat..
ABCIS
a pu et su se saisir de quelques chantiers: formations communes, site
internet régional, temps forts nationaux déclinés
en région (Semaine de la solidarité internationale,
quinzaine du commerce équitable...) et la CASI reste une
structure très présente et force de propositions dans
ce réseau.
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