Dès 1984, avec la réforme de la
décentralisation et la création des conseils
régionaux, plusieurs associations de solidarité
intenationale bretonnes ont décidé de se constituer
en coordination qui deviendrait l'interlocuteur des instances
régionales en matière associative. C'était
la première coordination régionale de ce type
en France. Elle souhaitait en particulier intervenir dans
la réflexion sur l'utilisation des fonds régionaux
(1 pour mille du budget global) affectés à la
coopération internationale créés à
cette époque.
La Coordination des Associations de Solidarité Internationale
a succédé à cette organisation informelle.
La CASI est une organisation interassociative créée
en 1996 et soutenue par les réseaux nationaux (Terre
des hommes, Frères des Hommes, Peuples Solidaires,
CCFD, RITIMO) et qui s'est progressivement élargies
à des associations d'implantation locale.
En 2005 se sont tenues
en Bretagn les Assises de la Coopération Internationale
organisées sur l'initiative de la Région mais
avec l'implication de toutes les familles d'acteurs et notamment,
celles organisées en Région et représentatives
au moins en parties du territoire et de leur champ de compétences:
CBCI (Coordination des collectivités impliquées
dans des actions de coopération internationale), Breizh
Africa (Collectif de migrants africains) et la CASI Bretagne.
Le Comité de pilotage de ces Assises comprenait les
structures sus mentionnées ainsi que le CESR, la Région
et les Conseils Généraux en tant que tels (déjà
membres de CBCI), Agrocampus, Lobodis, Le Centre Hospitalier
de Lannion, la DARIC.
CE comité de pilotage
a perduré au delà des Assises et s'est progressivement
transformé en ABCIS (Acteurs Bretons de la Coopération
Internationale et de la Solidarité), plate forme régionale,
encore informelle de la Coopération Internationale
en Bretagne.
ABCIS a pu et su se saisir
de quelques chantiers: formations communes, site internet
régional, temps forts nationaux déclinés
en région (Semaine de la solidarité internationale,
quinzaine du commerce équitable...) et la CASI reste
une structure très présente et force de propositions
dans ce réseau.
Emergence du
concept de solidarité internationale
Evolution de la coopération internationale
Des acteurs et des pratiques diversifiés
Emergence du concept de solidarité internationale
La
nécessité d'une coopération internationale
pour le développement s'est imposée aux Français
dans les années 60. Les pays du Tiers Monde (terme
forgé par Alfred Sauvy dans les années 50)
nouvellement indépendants mesuraient leur difficulté
à combler ce qui était présenté
à l'époque comme un retard temporaire. La
guerre et la famine du Biafra, relayées par une télévision
qui s'imposait dans les foyers, rendirent palpables les
horreurs engendrées par la pauvreté et les
inégalités planétaires. Ceux qu'on
appelle encore aujourd'hui les "french doctors"
s'engageaient dans une réponse à l'urgence.
Constatant les limites des répliques ponctuelles,
d'autres fondaient des associations visant le développement
à plus long terme. Elles se retrouvent aujourd'hui
sous le terme "Solidarité internationale".
Evolution
de la coopération internationale
La Bretagne compte plusieurs
centaines d'associations de solidarité internationale
(ASI) ou d'action caritative. Très diverses dans
leur taille, leur fonctionnement et leurs objectifs, elles
forment un réseau social dense qui irrigue tout le
territoire et distingue la Bretagne des autres régions.
Mais, chemin faisant, d'autres acteurs sont apparus. Les
collectivités territoriales qui accompagnaient depuis
longtemps les associations sur le plan financier, ont acquis
depuis 1992 la capacité juridique à mener
des programmes de "coopération décentralisée".En
moins de 10 ans, un mouvement de fond a amené beaucoup
d'entre elles à compléter ou recycler les
relations de jumelages qu'elles entretenaient en une véritable
collaboration pour le développement économique
et social. A l'échelle régionale, départementale
ou locale, la carte de Bretagne comme la carte du monde
sont aujourd'hui tissées de liens de coopération
entre collectivités.
Des acteurs et des pratiques
diversifiés
De
son côté, le secteur de la formation a lui
aussi intégré l'ouverture internationale comme
activité éducative. Les écoles, collèges,
lycées et universités bretons sont particulièrement
actifs non seulement dans la mobilité européenne
mais aussi dans les échanges avec les pays du Sud.
Stages et voyages d'études à l'étranger
sont aujourd'hui courants, en Bretagne plus qu'ailleurs.Enfin,
certains dirigeants d'entreprises ou comités d'entreprise
ont intégré dans leur activité les
questions de mondialisation sous une forme originale.Il
dépasse le traditionnel parrainage financier d'actions
menées par d'autres pour investir leur capacité
économique ou technique dans des programmes de développement.
A des acteurs plus divers correspondent aujourd'hui des
pratiques diversifiées. les micro-projets restent
d'actualité, sous forme des traditionnelles constructions
de puits, de dipsensaire ou d'école. Mais la formation
et l'appui à l'organisation de la société
civile et de la représentation démocratique
figurent désormais au rang des priorités.Beaucoup
d'acteurs ont pris conscience des implications chez nous
d'une démarche de solidarité internationale.
L'éducation au développement et la meilleure
connaissance des cultures, préparées par exemple
par des chantiers de jeunes ou des voyages, sont perçus
à la fois comme un complément mais aussi une
clé du succès pour une coopération
équilibrée.